Acte III, scène 5 de « Diable !c'est une belle langue que l'anglais » jusqu'à la fin
En quoi peut-on parler d'un duel verbal entre le maître et son valet ?
Extrait étudié : scène basée sur la rivalité des hommes pour Suzanne
- avant le procès de Marceline et Figaro, le comte organise ses plans. Il affronte ici Figaro pour voir ce qu'il sait de ses calculs.
I- Rivalité amoureuse Comte/Figaro :
-La tirade : enthousiasme naïf et ironique de Figarofait mine d'accepter de partir en Angleterre-connaît l'anglais : répétition comique de « God-dam » et nombreuses exclamations.
-Hyperbole, lexique valorisant : « c'est admirable » « quelle satisfaction »antiphrases ironiques-Figaro prouve qu'il ne parle pas assez anglais.
-2 a-parte : personnages prennent leur élan avant de revenir dans le conflit
-ruse du comte qui appelle Figaro à la confidence entre hommesreproches moralisants de Figaro qui ne cède pas « vous êtes infidèles », répliques du tac au tac « autrefois », opposition entre « tout » et « rien »
-Retour épisode chambre de la comtesse
-le comte perd patience et attaque Figaro, Figaro réplique-stichomythie
-Figaro, selon le comte : malhonnête, goût pour l'argent « combien la comtesse a – t'elle donné ? » « réputation détestable »-ton monte, insultes, exclamations
-Figaro attaque à son tour : ne veut pas aller en Angleterre, évoque sa fiancée « heureux avec ma femme », provocation à l'encontre des plans du comte. Comte flatte Figaro : hypocrisie pour qu'il aille à Londres
-« avec du caractère et de l'esprit »- Figaro mène le jeu
-Figaro dénonce directement et violemment le comportement abusif du comte ; hyperbole péjorative « me feriez-vous un crime ? », antithèse entre « vieille/fille » et « toutes les jeunes » : amplification opposition entre le sort des deux rivaux
-comte menace Figaro « crois-tu donc que je plaisante ? », il se dévoile. Il ne se laisse pas convaincre, ton monte-enjeu dramatique de la pièce « crime »
II- Conflit social :
-Dimension collective de la dispute : tout le Tiers-état parle au nom de Figaro, il emploie le pronom impersonnel « on », des maximes, des proverbes, l'impératif présent « n'humilions pas »-généralisation
Image de la souffrance du peuple qui cherche à réchapper à sa condition-tirade générale sur la satire politique
-Conflit traditionnel entre deux figures stéréotypées : maitre méprisant, valet fourbe, héritier du zanni « louche », du Scapin car intérêt pour l'argent, gourmandise...
-Figaro échappe au portrait traditionnel de valet : « si je vaux mieux qu'elle »- supériorité morale par rapport à la représentation ordinaire du valet
-« y-a-t-il beaucoup de seigneurs qui puissent en dire autant ? »- supériorité morale vis-à-vis des aristocrates.
-Remise en cause de l'ordre social (rôle du valet au théâtre)
-difficulté de vivre : « la foule est là »-condition Tiers-état
-« tirade politique », satire sur le pouvoir monarchique et ses abus ; incompétence et malhonnêteté : accumulation de verbes antithétiques « entendre/comprend pas », « point ouïr/on entend ».
-dénonciation finale des abus des aristocrates : droit de séduire les servantes, cf. : comte : « souffler toutes les jeunes »
-Figaro porte parole du Tiers-état
Conclusion : affrontement Tiers-état /noblesse dans ce passage, rapport de force à l'avantage de Figaro dont les talents sont amplifiésporte parole des roturiers
-la distinction entre la dignité de l'homme et sa condition sociale correspond bien à l'esprit des Lumièresidées de la Révolution Française ; en effet les Lumières remettaient en cause la MADD (Monarchie Absolue du Droit Divin).